La consultance à l’agonie dans les territoires?

 

Emploi, consulting, formation et coaching. Les régions et les territoires semblent être à l’agonie en raison de la concentration des actions sur Paris.

 

Je suis consultante, formatrice et coach depuis 2006. D’abord en Martinique jusqu’aux événements de 2009, puis en Languedoc Roussillon. Mon observation porte sur l’évolution du marché de la formation, tant de mon point de vue que de celui d’autres consultants locaux et de stagiaires qui cherchent à s’inscrire à des formations. La CCI, par exemple, offrait des actions de formation continue de manière décentralisée. Mais à présent, elle ne se concentre que sur les formations qualifiantes. Dans ma région actuelle, j’ai œuvré pour le compte du CNFPT depuis début 2010. Cette année 2017, la chute drastique des dotations aux collectivités m’a poussée à une réorientation professionnelle tout en maintenant mon offre de consultance et d’expertise.

 

Source de l’image: Insee-DGFiP, revenus disponibles localisés 2010
Source de l’image: Insee-DGFiP, revenus disponibles localisés 2010

La raison de la recentralisation des actions sur Paris le plus souvent invoquée, c’est qu’il est très difficile de constituer un groupe par rapport à une offre de formation, en région. A mon avis, si tout est majoritairement centralisé à Paris, ça ne laisse que très peu de chance aux organismes en région.

 

A l’échelle nationale, ne pourrait-on pas inverser la logique de réflexion, en tout cas pour les prestations interentreprises: "Ce n’est pas parce qu’il est difficile de mettre en place des formations en région que tout le monde monte à Paris ; mais bien parce que tout le monde monte à Paris qu’il est difficile de mettre en place des formations en région."

 

A l’heure où la responsabilité sociétale des entreprises et des organisations est encouragée notamment dans une finalité de développement durable, je m’étonne de ce paradoxe. La logique eut été de développer des partenariats de proximité. Au lieu de cela, consultants et stagiaires montent de plus en plus souvent à Paris pour former, coacher ou pour être formés, coachés. Ceci entraine des effets négatifs : déperdition d’énergie et de temps, stress, engorgement de Paris, surpopulation, pollution. Au final, on aboutit à une agonie progressive des petites structures au sein des territoires.

 

A l’heure de la transition numérique, pléthore de moyens techniques sont à disposition des prestataires et de leurs clients. Ces moyens permettent de développer des offres à distance partout en France. L’offre émerge mais la demande ne répond que très fébrilement en région.

 

Parallèlement, une réflexion sur la pertinence des appels d’offres (AO) mériterait peut-être d’être menée. Les AO sont indubitablement indispensables pour les gros projets de constructions ou de travaux BTP et routiers (cahier des charges détaillé). Mais pour des actions de formation ou de coaching (à moins d’une action de grande ampleur), les cahiers des charges sont souvent contraignants et conçus par des non-spécialistes des formations ou des coachings demandés. Y répondre contraint le(s) consultant(s) à proposer des services de qualité inférieure à ce qu’ils auraient pu prester lors de conventions ou contrats de gré à gré. En rencontrant les consultants de proximité, tout au long de l’année (un par mois par exemple), on peut apprendre à les connaître, à découvrir ce qu’ils valent en termes de compétences et de fiabilité et, bien sûr, découvrir leurs offres. Une base de données recensant les consultants rencontrés serait ainsi alimentée à l’échelle nationale de l’entreprise. Lorsqu’un besoin local de consulting émerge, le responsable RH se charge de prendre les rendez-vous avec les prestataires de proximité qu’il aura sélectionnés aux fins d’exprimer clairement sa demande. Les échanges avec les consultants permettent d’affiner ou de modifier celle-ci (ce qui est impossible avec un AO) et de la mettre en bonne correspondance en termes de réponse au besoin initial exprimé. A l’issue de ces entretiens, les propositions détaillées et chiffrées sont transmises dans le délai fixé. Le responsable RH, en concertation avec les services demandeurs, font leur choix de manière souple, en contractant de gré à gré avec le(s) consultant(s) choisi(s). Le temps nécessaire pour procéder de cette manière est important, certes, mais à mon sens, bien moindre que celui consacré aux AO et aussi moins couteux. En tout cas, je pense que ce mode de fonctionnement pourrait être encouragé par les décideurs.

 

Si la volonté politique y est, je suis convaincue que d’ici quelques années, c’est toute l’économie du pays qui en bénéficierait:

  • les consultants locaux;
  • les dirigeants;
  • les services RH qui seraient allégés d’un grand nombre d’AO;
  • les bénéficiaires eux-mêmes;
  • le marché de l’emploi;
  • les enseignes commerciales locales;
  • les producteurs locaux;
  • l’environnement...

 

De plus, il y aurait moins de déplacements donc moins de stress, davantage de sérénité et plus de temps à consacrer à la gestion des dossiers, de la clientèle, des équipes.

Voilà ma suggestion qui, je l’espère, pourra être « entendue » par les décideurs. Suggestion qui pourrait dans un premier temps peut-être susciter une réflexion, en voyant les choses sous un autre angle… Et qui, ensuite, pourrait mener à des décisions politiques suivies d’actes...

 

Diane Dechièvre ©

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Consultante ITG

Basée à La Grande Motte (34)